Samsung contre Apple: suite

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La Commission Européenne adresse une communication des griefs à l’encontre de Samsung pour utilisation abusive possible de brevets essentiels liés à une norme de téléphonie mobile

En 2011, Samsung avait déposé une demande d’injonctions à l’encontre de fabricants d’appareils de téléphonie mobile concurrents, arguant de violations présumées de certains de ses droits de brevets. le 31 janvier 2012, La Commission Européenne a ouvert une procédure formelle d’examen afin de déterminer si Samsung a utilisé de façon abusive certains de ses droits de brevets essentiels liés à une norme dans le but de fausser la concurrence sur les marchés européens des appareils de téléphonie mobile, enfreignant en cela les règles de l’Union Européenne sur les ententes et abus de position dominante.

Le 21 décembre 2012, la Commission européenne a informé Samsung, à titre préliminaire, que sa demande d’injonctions à l’encontre d’Apple dans plusieurs États membres sur la base de ses brevets essentiels liés à une norme (BEN) de téléphonie mobile constituait un abus de position dominante interdit par les règles antitrust de de l’Union européenne. Si le recours à l’injonction est possible en cas de violation des brevets, une telle pratique peut être abusive en ce qui concerne les BEN et lorsque le licencié potentiel est disposé à négocier une licence à des conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires (Fair, Reasonable and Non-Discriminatory – FRAND).

M. Joaquín Almunia, vice-président de la Commission chargé de la concurrence, a déclaré: «Les droits de propriété intellectuelle sont une pierre angulaire du marché unique. Toutefois, il convient de ne pas en abuser s’ils sont essentiels pour des normes industrielles, qui apportent des avantages énormes à la fois aux entreprises et aux consommateurs. Lorsque des entreprises contribuent, grâce à leurs brevets, à l’élaboration d’une norme industrielle et s’engagent à concéder des licences pour leurs brevets en échange d’une juste rémunération, le recours à des injonctions à l’encontre de licenciés de bonne volonté peut être assimilé à une pratique anticoncurrentielle.» (source: Europa – Communiqué de presse).

La Commission Européenne estime que dans les circonstances précises de l’espèce, où Samsung s’est engagée à concéder des licences à des conditions FRAND et où un licencié potentiel, en l’occurrence Apple, souhaite négocier une licence pour les BEN à des conditions FRAND, le recours à une injonction nuit à la concurrence.

La Commission ne prend une décision finale qu’après que les parties ont exercé leur droit de la défense. Si elle conclut que l’infraction est suffisamment attestée, elle peut publier une décision interdisant le comportement en cause et infliger une amende pouvant atteindre jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise concernée.

[Illustration: Photos libres]

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